Je lisais ce matin au petit déjeuner, dans le Nouvel Observateur , la chronique de Jean-Claude GUILLEBAUD nommée "L'art d'ignorer les pauvres".

Cette chronique a refait surgir en moi une interrogation que je porte depuis que je suis élue. Depuis 2008, je suis entrée en contact avec de nombreuses familles par le biais de mes délégations. Celles-ci traitant souvent de l'organisation familiale, des enfants, voire de l'intime, j'ai pu toucher du doigt des situations de vie de mes concitoyens que je ne faisais qu'imaginer, soupçonner auparavant.

Face à certaines d'entre elles, l'indignation surgit, soudaine, évidente. Et avec elle l'interrogation suivante : mais qu'attendons-nous pour nous révolter, pour nous battre ? Je dis nous car c'est de l'indignation générale dont je doute. La mienne, celle des élus du 3, des acteurs associatifs et des professionnels de l'insertion et de l'urgence sociale je ne doute pas. Mais celle de notre peuple me laisse pantoise.

Des mouvements d'indignés ont surgi dernièrement dans plusieurs pays. Généralement à l'initiative de la catégorie de population ignorée des autres.

Mais faut-il attendre que les moins bien lotis de notre société, les ignorés, les 8,2 millions de pauvre de France s'indignent pour agir ? Ne sommes nous pas capables d'entendre leurs souffrances et de chercher à les résoudre ? Ne sommes nous pas capables de demander des comptes pour d'autres que nous ?

Je n'ai jamais été férue de philosophie ou de sciences sociales. Moi c'étaient plutôt les sciences, les maths. Mais j'aimerais bien savoir ce qui fait qu'aujourd'hui nous ne sommes pas, plus capables de s'intéresser aux autres, de comprendre ce qu'ils vivent et de faire preuve de compassion. Faut-il être maman pour comprendre les difficulté d'une mère à faire garder ses enfants , faut-il être enseignant pour comprendre la difficulté à gérer une classe de 33 petits 3 ans ?

Demandons une éducation digne pour nos enfants, nos petits-enfants, les enfants de nos voisins, les enfants de France. Demandons un traitement digne de nos jeunes. Demandons de la considération pour nos chômeurs... La liste est longue.

Intéressons-nous à nos voisins et essayons de les comprendre. Arrêtons de ne nous intéresser qu'à notre nombril et pensons à l'ensemble de la société. Indignons nous pour l'état de notre société et réclamons des mesures globales et non des mesurettes au coup par coup destinées à nourrir les médias.